Pourquoi votre trésorerie se tend-elle alors que votre activité se développe ?
- Paola Sabran

- il y a 10 minutes
- 4 min de lecture

« Mon chiffre d'affaires augmente, mon activité est rentable… alors pourquoi ai-je toujours besoin de plus de trésorerie ? »
C'est une situation à laquelle de nombreux dirigeants de PME sont confrontés.
L'activité se développe, le carnet de commandes se remplit et l'entreprise dégage des résultats. Pourtant, la trésorerie reste tendue, voire se dégrade à mesure que l'activité augmente.
Une entreprise rentable peut manquer de trésorerie : nous l'avons expliqué dans l'article consacré à la différence entre trésorerie et résultat. Ce qui suit en décrit le mécanisme.
Cette situation peut sembler paradoxale. Elle s'explique pourtant assez simplement : l'entreprise doit souvent engager des dépenses et mobiliser de la trésorerie avant d'encaisser le chiffre d'affaires correspondant.
Elle achète des marchandises ou des matières premières, constitue des stocks, rémunère ses salariés, règle ses fournisseurs ou engage des frais liés à une affaire avant d'être elle-même payée par ses clients.
Plus l'activité augmente, plus ces sommes peuvent devenir importantes et plus le décalage entre les encaissements et les décaissements peut peser sur la trésorerie.
Le développement de l'activité peut donc générer des besoins de trésorerie supplémentaires.
Comprendre ce qui mobilise la trésorerie
Entre le moment où l'entreprise engage ses dépenses et celui où elle encaisse ses ventes, plusieurs semaines, voire plusieurs mois, peuvent s'écouler.
Une entreprise peut, par exemple, régler ses fournisseurs à 30 jours alors que ses clients la paient en moyenne à 60 jours. À ce décalage peuvent s'ajouter l'augmentation des stocks, les besoins liés au financement des affaires en cours, des retards de facturation ou encore l'allongement des délais de paiement clients.
Une partie de la trésorerie de l'entreprise se trouve ainsi temporairement immobilisée dans son cycle d'exploitation.
C'est ce décalage entre les sommes mobilisées pour faire fonctionner l'activité et les encaissements correspondants que traduit notamment le Besoin en Fonds de Roulement (BFR).
L'enjeu pour le dirigeant n'est toutefois pas seulement d'en connaître le montant. Il est surtout de comprendre ce qui le fait évoluer et donc sur quels leviers l'entreprise peut agir.
Une tension de trésorerie n'est pas toujours un problème de financement
Lorsque la trésorerie devient insuffisante, rechercher un financement supplémentaire peut naturellement constituer une solution (découvert autorisé, ligne de trésorerie, financement court terme ou apport de ressources complémentaires).
Cependant, une augmentation du besoin de trésorerie peut également provenir de l'organisation même du cycle d'exploitation : niveau des stocks, conditions de règlement, délais de facturation, gestion du poste clients ou organisation des approvisionnements.
Une tension de trésorerie n'est donc pas toujours un problème de financement. Elle peut aussi révéler un besoin d'amélioration dans l'organisation et le pilotage du cycle d'exploitation.
Identifier les causes permet alors de mieux comprendre les besoins de trésorerie liés au développement de l'entreprise et de déterminer ceux sur lesquels des actions de gestion peuvent être envisagées.
Des leviers présents dans toute l'entreprise
Le BFR n'est pas uniquement un indicateur financier. Son évolution résulte directement du fonctionnement opérationnel de l'entreprise.
Gestion des stocks, poste clients, conditions fournisseurs, organisation des achats et des approvisionnements, facturation des affaires ou des chantiers : de nombreux leviers peuvent influencer les besoins de trésorerie.
L'enjeu n'est pas nécessairement de réduire le BFR à tout prix, mais de l'adapter aux besoins de l'activité et d'identifier les situations dans lesquelles une organisation inadaptée mobilise inutilement de la trésorerie.
Mieux piloter pour pouvoir agir plus tôt
Comme pour beaucoup d'indicateurs de gestion, constater une dégradation plusieurs semaines ou plusieurs mois après qu'elle s'est produite limite fortement les possibilités d'action.
Le suivi du BFR et de ses différentes composantes permet au contraire d'identifier plus rapidement les évolutions et d'en rechercher les causes dans le fonctionnement opérationnel de l'entreprise.
Cette information peut être rapprochée des prévisions d'activité et de trésorerie afin d'anticiper les besoins plutôt que de les découvrir lorsque la trésorerie devient insuffisante.
La qualité de ce pilotage dépend toutefois de l'organisation mise en place pour produire, suivre et exploiter l'information.
L'automatisation des processus comptables et financiers y contribue directement : elle réduit le délai entre le moment où une évolution se produit et celui où elle devient visible, en permettant de disposer plus rapidement d'une information exploitable. Les évolutions liées à l'intelligence artificielle pourraient progressivement renforcer ces possibilités d'analyse et d'identification des écarts.
L'objectif n'est donc pas seulement de disposer de davantage de trésorerie, mais de mieux maîtriser les mécanismes qui la génèrent ou la consomment.
À retenir
✓ Une entreprise peut être en croissance et pourtant rencontrer des tensions de trésorerie.
✓ Le BFR traduit notamment le décalage entre les sommes mobilisées par l'activité et les encaissements correspondants.
✓ Stocks, poste clients, conditions fournisseurs, facturation et organisation du cycle d'exploitation constituent autant de leviers susceptibles d'influencer les besoins de trésorerie.
✓ Un suivi régulier permet d'identifier plus tôt les évolutions et d'agir avant que les tensions de trésorerie ne deviennent une contrainte pour l'entreprise.
Afine Conseil accompagne les dirigeants de PME dans l'amélioration de la performance de leur entreprise, notamment à travers l'optimisation de leur gestion opérationnelle, de leur organisation et la mise en place d'outils de pilotage adaptés à leur activité.
À lire également :



