Besoin de trésorerie à court terme : quelles solutions pour votre PME ?


« La trésorerie de mon entreprise est tendue : quelles solutions puis-je envisager ? »
Un besoin de trésorerie peut survenir sans que l’entreprise soit nécessairement en difficulté.
Une augmentation de l’activité peut entraîner davantage d’achats ou de charges à financer avant l’encaissement des ventes. Un client important peut régler plus tard que prévu. Une activité saisonnière ou une dépense exceptionnelle peut également créer ponctuellement un besoin de trésorerie.
Face à cette situation, le premier réflexe est souvent de rechercher rapidement un financement.
Pourtant, avant de solliciter sa banque ou un autre financeur, il est important de comprendre pourquoi le besoin apparaît, quel sera son montant maximal et combien de temps il devrait durer. La réponse ne sera pas la même selon qu’il s’agit d’un décalage temporaire ou d’une insuffisance de trésorerie qui se répète et devient structurelle.
Selon l’origine du besoin, la réponse peut être opérationnelle, financière ou combiner les deux.
Comprendre l’origine du besoin avant de chercher à le financer
Un besoin de trésorerie ne signifie pas nécessairement que l’entreprise n’est pas rentable.
Comme nous l’avons vu dans un précédent article consacré à la différence entre résultat et trésorerie, ces deux notions répondent à des logiques différentes. Un besoin de trésorerie à court terme peut notamment résulter du décalage entre les décaissements liés à l’activité et les encaissements correspondants. L’entreprise doit alors financer ce décalage jusqu’à l’encaissement de ses ventes.
C’est particulièrement le cas lorsque le développement de l’activité augmente le besoin en fonds de roulement (BFR) : l’entreprise doit supporter davantage de décaissements liés à l’exploitation avant d’encaisser les ventes correspondantes. Ce mécanisme est détaillé dans notre article consacré au BFR et à la croissance de l’activité.
Mais le besoin peut aussi provenir d’un retard d’encaissement important, d’une activité saisonnière, d’une dépense exceptionnelle ou d’un allongement des délais clients. Il peut également révéler une dégradation plus durable de la rentabilité.
Identifier cette origine permet de déterminer si la réponse doit nécessairement être financière.
Si la tension résulte de factures émises trop tardivement, de retards de paiement insuffisamment suivis, d’un niveau de stocks trop élevé ou encore de conditions de règlement inadaptées, des actions opérationnelles peuvent réduire le besoin.
Le financement n’est en effet pas neutre : les intérêts, commissions et autres frais associés viennent peser sur le résultat de l’entreprise. Réduire le besoin par des actions opérationnelles permet donc également de limiter le montant à financer et le coût correspondant. Le financement intervient alors, si nécessaire, pour couvrir le besoin résiduel.
Anticiper et mesurer le besoin grâce aux prévisions de trésorerie
En rapprochant les encaissements et les décaissements attendus, les prévisions permettent de visualiser l’évolution de la position de trésorerie, d’identifier suffisamment tôt les périodes de tension et d’estimer le besoin de financement. Régulièrement actualisées, elles intègrent les évolutions de l’activité : décalage d’encaissement, dépense non prévue, évolution du chiffre d’affaires ou du niveau des stocks.
L’entreprise peut ainsi agir avant que le besoin ne devienne urgent, mettre en œuvre les actions qui permettent de le réduire et disposer du temps nécessaire pour rechercher le financement du besoin restant.
Cette anticipation facilite également les échanges avec les partenaires financiers. Une entreprise capable de présenter l’origine de son besoin, son montant maximal prévisionnel, sa durée et la manière dont il devrait se résorber est mieux préparée pour discuter des solutions envisageables qu’une entreprise qui sollicite un financement au dernier moment.
En matière de trésorerie, anticiper vaut mieux que réagir.
Les prévisions de trésorerie ne servent pas uniquement à connaître le solde bancaire attendu dans quelques semaines ou quelques mois. Elles constituent un véritable outil d’anticipation, de décision et de pilotage de l’entreprise.
Choisir un financement adapté au besoin restant
Lorsque les actions opérationnelles ne suffisent pas à supprimer le besoin, différentes solutions de financement à court terme peuvent alors être envisagées.
Celles-ci varient selon la situation de l’entreprise et peuvent être sollicitées auprès d’interlocuteurs différents.
Le découvert autorisé ou la facilité de caisse peuvent être négociés avec la banque de l’entreprise pour couvrir certains décalages temporaires.
Lorsque ces premières solutions de financement ne suffisent pas à couvrir le besoin, l’entreprise peut également mobiliser tout ou partie de ses créances clients afin d’obtenir des fonds avant leur échéance, notamment par l’escompte d’effets de commerce, la cession Dailly ou l’affacturage. L’escompte et la cession Dailly sont généralement mis en place auprès de la banque, tandis que l’affacturage peut être proposé par une banque ou une société d’affacturage spécialisée.
Pour une activité fortement saisonnière, un crédit de campagne peut être étudié avec la banque afin de financer le décalage entre les dépenses engagées et les encaissements à venir.
Les associés peuvent enfin, lorsqu’ils en ont la possibilité, apporter temporairement des fonds à l’entreprise au moyen d’un compte courant d’associé.
Ces solutions ne sont ni interchangeables ni adaptées à toutes les situations. Leur coût, les garanties éventuellement demandées et leurs conditions de mise en œuvre doivent être examinés en fonction de la situation de l’entreprise.
Surtout, la durée du financement doit rester cohérente avec celle du besoin qu’il finance.
Un décalage de quelques jours ne se traite pas comme un besoin lié au poste clients qui se reconstitue à chaque cycle, ni comme le financement d'une saison entière.
Si les prévisions montrent que le besoin se renouvelle en permanence ou ne se résorbe pas, il ne s’agit probablement plus d’un simple besoin de trésorerie à court terme. Il devient alors nécessaire d’en rechercher les causes et, le cas échéant, d’envisager une solution de financement plus durable.
À retenir
✓ Un besoin de trésorerie à court terme ne signifie pas nécessairement que l'entreprise est en difficulté : il peut simplement résulter d'un décalage entre ses encaissements et ses décaissements.
✓ Avant de rechercher un financement, il est important d'identifier l'origine du besoin et de déterminer si des actions opérationnelles peuvent permettre de le réduire.
✓ Des prévisions de trésorerie régulièrement actualisées permettent d'anticiper les tensions, d'en mesurer le montant maximal et la durée, et de rechercher une solution avant que la situation ne devienne urgente.
✓ Plusieurs financements à court terme peuvent être envisagés auprès des banques ou d'autres organismes financiers, selon la nature du besoin et sa durée.
✓ Un besoin qui devient permanent ou récurrent doit conduire à rechercher ses causes et à s'interroger sur l'adéquation d'un financement à court terme.
Afine Conseil accompagne les dirigeants de PME dans le pilotage financier de leur entreprise et leurs enjeux de trésorerie et de financement.
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